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Christian Merlhiot
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Christian Merlhiot prépare un voyage et le tournage d'un film au Japon lorsque, le 11 mars 2011, un tremblement de terre provoque un tsunami et entraîne l'accident nucléaire de Fukushima. Une fois sur place, le cinéaste décide de poser son regard sur une actualité essentielle du pays : comment mieux vivre ensemble après la catastrophe ?
Slow Life s'installe dans le village d'Ohara près de Kyoto et explore certains aspects de l'innovation sociale dans le contexte de l'après Fukushima. Le film engage à la fois un portrait du lieu, de ses habitants, de leurs activités et nous immerge dans une intrigue à la fois drôle et inquiétante.
Dans ce village où tous les âges se rencontrent, le film nous plonge dans le mystère des relations, du langage et des corps. Sans jugement ou bienveillance excessive, il déplie une suite de rencontres sensibles dévoilant d'autres manières de vivre ensemble dans l'expérience d'une économie locale et solidaire.
Mais la communauté de ce village est aussi une image : celle du cinéma lui-même, un cinéma qui s'envisage et se construit au rythme d'échanges et de rencontres éphémères. Le film, en tant que tel, devient alors le moment visible d'une histoire plus vaste, en suspens et en partage entre des individus rassemblés par une même idée.

Slow Life-extraits d'une correspondance

EXTRAITS D'UNE CORRESPONDANCE

25 AOUT
Le début du travail sur le kabuki est assez éprouvant, rien n’est simple, rien n’est évident, les écoles nous ferment la porte au nez pour l’instant, il faut donner des détails sur le film, mais je n’en ai aucun... Il faut faire intervenir l’ambassade pour donner crédit au projet, bref... Quelle raideur, quelle rigidité dans la mentalité japonaise ! Tout le monde le dit autour moi, le milieu du kabuki est très conservateur et très fermé... Mais en plus, je crois que je ne m’intéresse pas vraiment au kabuki, juste à cette fiction de genre des acteurs jouant des femmes...
Je ferais peut-être mieux d’écrire une fiction... Bref.

5 SEPTEMBRE
Je crois que je suis en plein doute sur le projet de film sur le kabuki. J’ai été échaudé par l’accueil à nos premières demandes. Je devais écrire une lettre détaillée sur le projet pour aujourd’hui et la faire traduire par Masako; finalement... je ne l’ai pas fait.
Au lieu de ça, j’ai pensé et repensé à une histoire que j’aimerais tourner avec Kentaro cet automne. Je relie tous les fils tissés pendant l’été, les morceaux de roche rapportés d’Aso san, les coraux d’Okinawa : je vois un personnage austère et très méthodique dans son travail, une vie de moine que la solitude ne semble pas déranger. Je vois les longs déplacements le matin depuis la campagne où il habite jusqu’à Kyoto, un petit musée poussiéreux où il travaille, retour le soir, une sorte de lenteur infinie de la vie qui passe un peu inutilement.
Et puis quelque chose survient, comment ? je ne sais pas. Un incident dans le voisinage ? Une vieille femme va mourir ou plutôt elle va s’éteindre. Il s’occupe d’elle et se sent concerné par cet événement qui lui fait ressentir des sentiments nouveaux.
Après sa mort, il reprend le rythme de son travail. Mais la calme indifférence qui l’habitait est impossible à retrouver. Il n’y parvient pas. Il constate un changement. Il va devenir peu à peu cette vieille femme, prendre son nom et donner corps à son absence...

7 SEPTEMBRE
Lumière magnifique sur la ville ce matin. Depuis deux jours, il fait plus frais, l’air est transparent et la température plus douce : une très belle arrière-saison,  cette lumière que l’on trouve quand les chaleurs de l’été se sont dissipées... Du coup la terrasse de la Villa devient un endroit de passage, on peut y prendre un thé au soleil, observer la ville, je réfléchis en regardant le paysage, la montagne, la forêt...
Je retrouve Kentaro tout à l’heure chez Inoda, je vais parler un peu de cette idée de film avec lui, je crois qu’il faut quelqu’un avec qui partager cette histoire, tracer ses lignes de forces. J’ai commencé à évoquer le projet avec Yusuke hier, j’ai hâte de commencer à voir des lieux pour y envisager des situations, des moments du film... Nous irons visiter le musée de minéralogie demain, un petit musée près du Parc impérial... Et nous irons aussi dans la montagne près de Kurama, il y a un village que j’ai déjà vu un soir en me baladant, construit en espalier à flan de colline, des rizières et des petites maisons de bois... Je ferai peut-être quelques photos. Il faut retrouver le goût, la nécessité de faire des images, le plaisir de les voir, l’envie de les montrer...

8 SEPTEMBRE
Me voilà un peu plus guilleret de bon matin, le temps est splendide, c’est vrai, mais aussi la discussion hier avec Ken, je me sens soulagé, je sais que je vais faire quelque chose de concret, un film, et que si nous travaillons de manière intelligente, si je réfléchis et que je consacre assez de temps, d’idées et d’énergie à ce projet, le film à l’arrivée pourrait être bon...
Hier je suis allé jusqu’au onsen de Kurama, la sortie de la ville, les paysages de montagne, le trajet est magnifique en scooter, je m’arrête, je regarde, je fais des photos, je me dis que je reviendrai tourner une scène ici ou là, je repars...
J’ai acheté un cahier pour consigner les idées du film... Je vais reprendre le fil de l’écriture pas plus tard que tout à l’heure...

9 SEPTEMBRE
Hier nous avons découvert un très beau petit musée de minéralogie avec Yusuke. Il ressemble à une maison, un laboratoire, un musée familial. Je vais y retourner samedi avec Ken, j’aimerais bien faire de ce lieu sa base de travail pour le film.
Et puis nous avons visité un village dans la montagne. Quelques champs de riz en espalier, des maisons de bois, des maisons de plastique, ce joyeux mélange qu’il y a ici, quelques potagers et de vieilles femmes au jardin bref.... j’y retourne aujourd’hui pour essayer de connaître un peu mieux ce lieu, si on trouvait une maison pour s’installer là et tourner, je crois que le contraste serait très beau avec Kyoto, la ville et le musée...
Pour terminer cette journée d’inspiration, je suis passé chercher des films au vidéo club dont le très beau “Mogari” de Naomi Kawaze. Je l’ai revu hier avec Bertrand. Je crois que c’est le plus beau, le plus abouti, le plus âpre de ses films. Les autres me laissaient un sentiment de tristesse, celui-là me saisit et me laisse stupéfait. Je vais le regarder avec Ken, je pense qu’il peut nous aider à penser notre projet ensemble... à penser une forme radicale...

10 SEPTEMBRE

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12 SEPTEMBRE
Je pense que cette semaine sera un moment charnière parce que le projet de film devrait avancer et peut-être se fixer sur quelques lieux, quelques dates, quelques scènes clés...
J’ai retrouvé un plaisir très grand à écrire. Je l’avais perdu il y a longtemps, il a fallu apprivoiser la page et le stylo pour qu’ils ne caracolent pas dans tous les sens. J’ai pris conscience que cette écriture que je croyais ample et vive est serrée et presque microscopique. Devant ces pages de notes, je revoie l’écriture de mon père qui me semblait cryptique et illisible lorsqu’il tenait son journal de jardin. Quelle drôle d’idée, un journal de jardin, il notait le temps qu’il fait, la pluie, les arrosages, les semis, les plantations, les traitements, les récoltes... Je ne sais pas si j’ai gardé ces cahiers, peut-être dans une des boîtes qui dorment à la maison...

13 SEPTEMBRE
Programme de la journée, on ne peut plus chargé ! Masako pour discuter maison de campagne à Ohara, après-midi avec Yusuke dans le village, quelques photos et quelques rencontres j’espère.
J’ai vu Ken hier, nous avons parlé de son rôle, regardé quelques films au Kyoto Art Center, performances de Kazuo Ono, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé... Au moins on sait vers quoi on ne veut pas aller...
Je vais aller me mettre dans une ambiance de travail à l’institut pour écrire un peu ce matin, pas un mot hier, il me faut un endroit adapté, calme et public si possible !

14 SEPTEMBRE
Peu dormi ! J’ai passé la soirée devant les premiers portraits faits à Ohara hier.
Demain je retourne au village avec Yusuke pour continuer cette série, je suis très excité ! Je voudrais aussi filmer certaines personnes en vidéo, peut-être en fin de semaine, je verrai. J’aime cette manière douce d’entrer dans le projet, c’est comme apprivoiser les lieux et les gens qui y vivent...

14 septembre

14 septembre14 septembre

14 septembre

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15 SEPTEMBRE
Voici la première image de mon film, on a fait des essais avec Kentaro...

15 septembre

16 SEPTEMBRE
Quelques portraits hier, une lumière plus douce, de beaux moments à discuter; un jeune agriculteur qui a quitté la ville, une vieille femme qui tient l’auberge, une drôle de maison que l’on visite aujourd’hui, grande émotion quand le soleil disparaît derrière la montagne... Je me demande comment relier tout ça, quels fils tirer et quels personnages embarquer dans cette aventure... Je vais essayer d’écrire un peu ce week-end, il me semble que le village nous aura livré ce soir tout ce qu’il peut offrir, reste à déchiffrer ce vaste cryptogramme qui contient le désir, des idées, des lumières, des présences, de la beauté... Je vais m’atteler à ce travail ce week-end...
Voici quelques-uns des derniers portraits, je pars avec la caméra aujourd’hui, je vais filmer des paysages, quelques atmosphères, peut-être que cette piste va amorcer le film et me faire comprendre un peu mieux la direction intuitive que je prends..

16 septembre16 septembre

16 septembre

17 SEPTEMBRE
Journée studieuse hier, j’essaie de mettre de l’ordre dans mes idées pour le film, je crayonne des impressions et rédige quelques synopsis. Très intéressant ce que manifeste cette méthode de réflexion, un recouvrement permanent des idées par de nouvelles, plus simples, dont la durée de vie n’excède pas un jour ou deux, je devrais lancer l’idée de «cinéphémère», un film en mouvement continu, perpétuel, comme un balancement. J’ai quand même l’impression d’avancer par gommages, par effacements, par biffures, je dois réfléchir encore, mais je connais les limites de ce projet, son cadre. J’essaie plutôt de laisser s’imposer la trame la meilleure, la plus simple, la plus surprenante, j’ai commencé plusieurs fois à écrire des situations, à les articuler, j’ai fini par renoncer devant le spectre de faire une sorte de drame social et psychologique...
Ce qui m’intéresse, c’est un état de fait, une situation, je crois que son évolution et surtout, sa résolution me laissent indifférent. Voilà au moins une option qui pointe le bout du nez... Souvent les situations ne collent pas avec les espaces, les lieux semblent résister et absorber telle ou telle idée anecdotique. Il faut repartir en sens inverse, se remettre à l’écoute des images que j’ai faite jusque là et comprendre ce qui les habitent, quelles histoires elles peuvent accompagner. Je ne sais pas comment dire autrement, certaines fois mes histoires semblent rebondir dans ces lieux et en être expulsées comme un corps indésirable...

17 septembre17 septembre

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17 septembre

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17 septembre

18 SEPTEMBRE
Retourné à Ohara aujourd’hui avec José, arpenté les jardins, les ruelles, les champs ; à pieds cette fois, déjeuné à la coopérative et entendu une nouvelle fois l’histoire de l’indigo et de la teinture de la soie... Tant de précision, de simplicité... je ne sais plus quoi penser...
Fini la journée au onsen du village et retour somnolent en bus jusqu’à Sanjo...

19 SEPTEMBRE
Matinée très calme à la villa, je suis retourné au petit temple juste en bas, revu la grotte, marché un peu plus haut, je parcours quelques lieux pour les inscrire dans le film... J’ai écrit une première page de synopsis, je vois un peu mieux quel point de départ pour mêler les ingrédients que j’ai à ma disposition... Je ne vais pas aller à Ohara aujourd’hui, je fais une pause, demain aussi, je retrouve Yusuke mercredi pour montrer mes films à quelques personnes du village, d’ici là je vais méditer, humer l’air de Kyoto et retrouver goût à quelques lieux un peu oubliés de cette ville.

22 SEPTEMBRE
Je retourne à Ohara aujourd’hui, quelques rendez-vous pour confirmer la participation du tailleur de pierre et discuter avec le propriétaire de la maison. J’ai fait des tirages 30x40 pour offrir aux gens que j’ai photographiés, j’espère que notre présence au village se passera en douceur à mon retour pour le tournage... Il reste à trouver une vieille femme qui accepte de tourner dans le film. C’est un peu la grande inconnue du moment... Il me reste 10 jours pour faire la bonne rencontre...

23 SEPTEMBRE
C’est drôle, je pense souvent à La Métamorphose en travaillant sur mon petit film d’Ohara. Hier nous avons rencontré un vieille femme qui est peut-être d’accord pour tourner avec Ken, ils se rencontrent lundi prochain, je pense que c’est une manière très humble de dire oui au projet... Il a fallu appeler son fils pour avoir son autorisation... c’est une femme du village qui l’a appelé, le fils était rassuré, il a dit ok...
Bon les choses avancent, je n’ai pas encore de version arrêtée du synopsis mais pour en parler au gens du village, je dis que c’est un conte, une légende : une vieille femme du village disparaît et revient sous les traits d’un jeune homme...
C’est une façon de travailler sur le terrain que je n’avais jamais explorée de cette manière, je crois que tout le film vient d’une interaction de ce lieu, des gens qui y vivent et des quelques idées du moment. C’est assez surprenant et intéressant de voir que tout ne part pas des idées et de l’écriture dans le cinéma...

23 septembre

23 septembre

26 SEPTEMBRE
C’est lundi, je pars rejoindre Ken pour aller à Ohara, on prend le bus aujourd’hui.
On doit y rencontrer un peu toutes les personnes du film, voir les lieux, la maison...
Ce soir essayage des vêtements achetés aux puces, très intéressant comme ces vêtements d’hommes ou de femmes n’infléchissent que très peu sa silhouette... On verra sur les photos que je vais prendre...
Les Japonais sont parfois si féminins... comme s’ils dégageaient naturellement leur androgynie dans la vie quotidienne...
Intéressant peut-être... On verra...

27 SEPTEMBRE
Je ne te cache pas que du côté du film, c’est la période de crise... J’ai un peu suspendu la journée de travail hier, c’est difficile à décrire mais j’ai peu à peu l’impression de perdre tout ce que j’aimais dans ce film..
Les discussions entre Ken et les vieilles dames n’étaient pas simples du tout, la maison devient problématique, on commence à parler d’argent, à changer de lieu peut-être. Je pense que je prends toutes ces choses très à cœur et qu’il faut rester plus distant, j’ai l’impression d’être déjà au milieu des problèmes d’un tournage et pourtant, rien n’a encore commencé, cette préparation est peut-être trop longue pour un film qui se fera dans l’instant....
J’ai pensé à tout cela cette nuit, je suis plus serein ce matin, mais je sens que j’ai peu de liberté, peu de latitude en particulier sur le plan financier et là, c’est une autre histoire...

28 SEPTEMBRE
C’est un peu comme si j’avais habillé une poupée toute la matinée !
Comme Ken ne peut pas venir faire un essayage avant ce soir et que José sera parti... on a habillé des cintres et d’improbables gisants allongés nonchalamment sur le sol... Voilà le résultat !
Ce soir je ferai donc la deuxième partie du shooting avec l’acteur mais sans le regard du styliste...
Cet après-midi, je vais voir deux amis de Ken pour les inviter à prendre part au film, Satoshi et un autre que je n’ai vu qu’une seule fois. Je lui ai taillé sur pièce un rôle de moine, mais je ne sais pas si la boule à zéro fait partie des hypothèses envisageables, hors les moines... sont rasés... Bon on peut faire de son personnage autre chose qu’un moine...

27 septembre

29 SEPTEMBRE
Hier journée bien remplie, avec Ken nous avons finalisé un petit montage d’après sa performance de Fukui, j’ai rencontré deux danseurs qui joueront dans le film et nous avons terminé la soirée en prenant des photos dans la salle de la Villa pour essayer les tenues du film. Toutes ne sont pas convaincantes, mais il y a deux ou trois assemblages que j’aime bien, et le kimono qu’il porte à merveille... Ah ! il est japonais quand même...

29 septembre

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30 SEPTEMBRE
Vendredi, il pleut.
Nous sommes rentrés d'Ohara juste à temps ! Ce matin debout 5 heures et hop ! dans les champs pour le lever du jour.
Je suis en train de numériser les images, c'est beau, les nuages accrochés à flancs de montagnes comme des langues de brume, j'ai aussi filmé hier soir, la tombée de la nuit, me voilà pourvu en plans « au cas où... ».
Demain je dois y retourner pour discuter avec un enseignant de l'Université responsable de la très belle maison que possède son établissement dans le village, une ferme au toit de chaume...
Côté logistique, les choses se stabilisent un peu je crois, je ne sais pas avec qui nous tournerons vraiment mais il faut bien laisser une part d’impro dans tout cela… une façon d'être réactif et de saisir ce qui est possible au bon moment... Cette logique déjoue toute projection précise dans le temps...
J'ai hâte maintenant de prendre l'avion et d'arriver à Paris, je laisse le film ici prêt à démarrer à mon retour, 10 jours sont planifiés pour tourner au village puis une deuxième partie du film dont je ne sais pas grand-chose ici à Kyoto où habiterait provisoirement le personnage. Retour à Ohara à la fin ? Peut-être, peut-être pas...

1ER OCTOBRE
Je reviens d'Ohara, dernière visite avant le tournage, la maison de l'université est très belle, j'ai rencontré le responsable, un professeur de Kyoto qui développe un programme de recherche en agriculture biologique, ses étudiants habitent le village... Tout est en place, maintenant il reste à repriser un peu l'histoire qui part dans tous les sens...

19 OCTOBRE
Brouillard, brouillard ! Kyoto est au beau fixe mais de mon côté, ça commence à s'assombrir un peu... Arrivée sur les chapeaux de roues, c'était bien de retrouver Yusuke, on est allés au musée emprunter des échantillons de minéraux, des outils, un piolet, un marteau… Je teste les micros qu'on nous a prêtés et bon, il faut voir les choses en face... je vais tomber de sommeil d'une seconde à l'autre...
Demain grand jour, premier tour de manivelle à 14 heures, mais qu'allons-nous filmer exactement ? Je vois un peu, mais c’est flou... Enfin ce sera chez le teinturier !

21 OCTOBRE
Journée double ou triple, je sais pas, je me sens épuisé, j'ai peiné à regarder les images en vitesse ce soir. De beaux plans, je suis content, c'est assez dur, pas le tournage, mais ne pas savoir, improviser ce qu'on fait une demi-heure avant, je crois que quelque chose se passe, je vois pas le film bien sûr, pas encore, pas du tout même mais je vois des plans, quelques images, des petits moments qui comptent. La lumière y fait beaucoup, il faisait beau ces deux jours, on a profité d'un soleil d'automne, ce soir un temps plus gris, la lumière presque uniforme, il faut travailler autrement, demain il fera moche, on va voir ce qu'on fera.
Après on s'arrête une journée, j'ai besoin de ça, un peu de temps et de repos...

22 OCTOBRE
Je viens de voir les images du jour, je suis content, voilà une série de photogrammes.

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23 OCTOBRE
Cette nuit une idée géniale m’a empêché de dormir. Ce matin, je la trouve pas très bien… Cette histoire reste à écrire…

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24 OCTOBRE
Petite journée ma foi ! Quelques images pas mal mais surtout un temps fou à gérer les états d'âme de mon assistant, de Kentaro et finalement à me demander s'il fallait continuer ainsi... Bon, c'est un passage quasi obligé je crois, voilà, j'espère que c'est passé, nous avons repris le tournage en se baladant cet après-midi... l'impro totale n'est pas rassurante, Ken est assailli de doutes, il ne comprend plus ce qu'il fait, ce qu'il doit faire... Avec en plus quelques problèmes de langue et de compréhension, ça ne simplifie pas les choses...
Yukiko arrive mercredi, peut-être cela va-t-il tout changer, peut-être va-t-elle redonner un peu de tonus à l'équipe... Demain je fais des sons seuls, tout le monde est sur d'autres projets à Kyoto, ce sera très bien de passer un peu à autre chose. Ce soir je suis sorti avec le casque et le Nagra, c'est un autre voyage : il y a de la flotte partout dans ce village, partout! On entend toujours un ruisseau ou un tuyau qui fuit !

25 OCTOBRE
Kyoto ce soir, quelques courses en ville, je cherche désespérément le dernier volume d'un classique de la littérature japonaise dont l'histoire se termine à Ohara, [Heike Manogatari], j'ai acheté tous les autres volumes, même en Manga mais pas celui-là... Impossible.
Yukiko arrive demain matin, j'ai réfléchi et décidé ce qu'on allait tourner. Bon… il y aura bien un imprévu pour repasser à l'impro mais en attendant...
Je suis un peu dans les starting-blocks, il vaudrait mieux que ces deux jours se passent bien et donnent un résultat intéressant sinon... ?

26 OCTOBRE
Journée bien remplie avec Ken et Yukiko. On a tourné une seule scène, le travail est difficile, mais c'est différent, on est dans les conditions de fiction, on fait et refait les prises, c'est moi qui ai mal évalué la lumière, l'image est trop claire... en bricolant un peu, je crois qu'on s'en sortira, mais le montage va être coton...
Demain beaucoup à faire, on commence à 7 heures, la nuit tombe vite et Yukiko repart le soir, il reste 3 scènes à tourner, je crois qu'il va falloir simplifier, en oublier une, ou bien en fusionner deux pour ne pas courir, il faut que je réfléchisse ce soir, comment mettre en place le travail...

27 OCTOBRE
Deuxième journée avec Yukiko pleine de belles surprises, je tiens quelque chose dans cette histoire entre Ken et elle, on revient de loin... Je suis tout heureux du coup...  Au moins deux scènes vraiment bien dans ce film, demain on va dans les champs avec l'étudiant qui gère la maison de l'université où on habite, je n'attends pas grand chose. Samedi, on fait une randonnée avec Satoshi, et puis ma foi, je crois qu'il faudra que je prenne un peu de recul pour considérer ces images, voir ce qu'il manque ou plutôt, comprendre comment faire redémarrer le film ailleurs... Une deuxième partie à Kyoto, à la Villa je pense, il faut un endroit simple et pourquoi pas ce bâtiment que la France va finir par solder au plus offrant pour ne pas avoir à s'en occuper...
C'est bien d'être dans cet état, mais quel inconfort ! Enfin ce soir, on a acheté du pétrole pour le poêle, je crois que la nuit dernière a été la plus froide depuis longtemps, je n'ai pas quitté mon bonnet de la nuit, ni mon pantalon, ni mes trois pull-overs...

27 octobre

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28 OCTOBRE
Petite journée, nous avons tourné dans les champs ce matin avec un étudiant, enregistré deux entretiens avec lui dans la montagne, je ne comprends pas ce qu'il dit, mais l'image est belle, peut-être une bonne piste pour développer son personnage.
Cet après-midi, longue conversation apaisée avec Ken et Yusuke sur le film, nous avons rangé la maison, défait notre décor, j'ai résisté pour qu'on ne remette pas tout le bazar de l'université ce soir mais demain matin, avant de partir. C'est la fin d'un moment ici où j'avais l'impression que cette maison était devenue la nôtre.... Je ne suis pas triste, je crois que nous avons travaillé à Ohara comme je voulais, maintenant le film se construira autrement...
Je crois qu'il y aura une seconde partie à Kyoto, mais pas de retour ici, je ne vois plus quelle piste explorer... sans argent qui plus est...
Demain nous filmons une randonnée avec Satoshi, peut-être aussi une discussion, on peut toujours essayer, si ce n'est pas intéressant, on laissera ces images dans l'ordinateur...
La semaine prochaine j'ai un peu écourté notre travail, je crois que j'ai besoin de temps pour réfléchir ou me vider la tête, passer à autre chose, voir Fabien qui arrive je ne sais plus quand et reprendre calmement dans une quinzaine de jours...
Ken est en train de cuisiner une miso soupe, j'ai compris que la cuisine japonaise est à peu près aussi souple que la nôtre : tu mets dans la miso ce que tu trouves. Il faut juste la pâte de soja et cette épice à base de poisson qu'on trouve même au Lawson. Nous avons des tonnes de légumes depuis que Ken donne un coup de main dans les champs, demain on rapportera des carottes et des navets à Kyoto, je peux faire une distribution à la Villa...

31 OCTOBRE
Le beau temps est revenu, un soleil d'automne, je suis allé faire tirer des photos du film, je viens de les disposer au mur pour essayer de voir quelque chose...
Je ne sais pas si ça me permettra d'appréhender le montage, mais comme il faut bien commencer d'une manière ou d'une autre, j'ai posé un ordre intuitif...
Demain pas de tournage, je crois qu'il nous reste un jour ou deux pour cette première partie mais je ne sais pas quand... La jeune fille de l'atelier de teinture attend son jour de congé pour qu'on la retrouve, après-demain peut-être.
Et puis j'avais prévu une journée au musée des minéraux mais là, c'est moi qui doute de l'utilité de cette scène, elle détone un peu avec le reste, je ne suis plus sûr du tout...

31 octobre

1ER NOVEMBRE
Journée toute en dentelle, balade à pieds jusqu'à l'Institut où j'ai trouvé Le dit des Heike, café avec Judith, après-midi avec Ken et Yusuke pour regarder les photos, penser aux scènes à venir, méditation au sanctuaire près de la Villa, Judith à nouveau pour parler des films, son travail, le cinéma. J'ai commencé à assembler quelques plans. Demain Ohara, un déjeuner et quelques prises de sons, jeudi matin un entretien, après-midi danse avec Ken... La semaine file... Je retrouve un rythme où le temps m'appartient en partie, je cours un peu moins, j'ai feuilleté un livre aujourd'hui ce que je n'avais pas fait depuis deux semaines...

2 NOVEMBRE
5 minutes dans la boîte, j'ai un peu traîné sur ce début du film, passant et repassant les images dans tous les sens, avec tous les sons et toutes les musiques. Je crois que je tiens le bout, le début, le point de départ. Maintenant, je peux commencer le montage...
Journée très slow aujourd'hui, Judith nous a accompagnés à Ohara, nous devions y déjeuner et enregistrer quelques sons, c'était aussi l'occasion d'une balade avant de rendre la voiture ce soir. Demain on part en bus pour tourner un dernier entretien très court, c'est aussi la dernière chance de développer un peu un personnage que Ken a côtoyé à l’atelier de teinture, une jeune fille qu'il aurait dû emmener à la Fête du feu de Kurama et qui n'a pas pu venir...
Il faut que j'arrive à penser comment rebondir dans la deuxième partie du film. Je sèche complètement sur le sujet. Complètement. Ken devient-il un personnage féminin, c'est la seule révolte, la seule conquête qui me semble valoir le coup mais je ne vois pas comment éviter la caricature... C'est difficile de prêter une situation à cette idée. C'est difficile surtout de l'inscrire dans une dynamique, dans une série de rencontres, d'échanges avec d'autres personnages... Bref, pour l'instant je suis sans voix...
Je me dis que le montage va donner la réponse à ce problème mais je crains aussi que le montage ne discrédite cette deuxième partie et me laisse devant un film qui ressemble à un bel échauffement, une promesse orpheline, au mieux une première mi-temps qui suspend et clôt la rencontre.
Je sens aussi que je suis en train de réagir à la difficulté de ce tournage, à sa tournure incontrôlable et imprévisible... Il suffit peut-être de laisser passer quelques jours, une semaine ou deux, je sens bien que le village ne m'attire plus comme avant, il ne convoque plus le désir de tout filmer que j'ai eu pendant un temps, voilà, c'est l'expérience, c'est le travail et c'est la vie....

3 NOVEMBRE
Une belle journée à Ohara...
La rencontre avec Yukari était très réussie, Ken avait les yeux ronds comme des billes, il riait comme un enfant...
Je ne sais pas ce que vaudra notre entretien avec Yukari mais en fait, je crois que ce n'est pas très important, les images donnent une belle idée de leur rencontre et ce sera très bien...
Cet après-midi j'ai vu la performance de Tomohiko qui doit jouer avec Ken dans la deuxième partie. Très beau moment que nous avons attendu assis par terre pendant deux heures... J'ai perdu l'habitude, quelle souffrance ! C'est un excellent danseur, dommage que je ne le fasse pas danser, comme Ken d'ailleurs, je me demande, mais je ne vois vraiment pas comment franchir le pas... un rêve ? Parce que quand même, qu'est-ce que c'est beau la danse... J'ai un peu peur d'une sorte de rapt dans le film, l'histoire ne tiendrait plus que dans l'attente d'un autre moment dansé, drôle forcément... bon c’est à voir...
J'ai dérushé la très longue séquence avec Yukiko, la première du moins... 1 heure 20 minutes pour ne garder peut-être que 4 ou 5 minutes, c'était sans fin, et en plus, je dois réentendre mes commentaires sur le vif ! Aïe, on sent parfois un léger agacement se transformer en tornade à peine contenue... Bon, il faut dire que ces communications bilingues sont éprouvantes, il y a toujours quelqu'un qui ne comprend pas comme les autres, parfois, on dirait un sketch ! J'ai passé un long moment avec Ken ce soir, je vois qu'il ne pense pas à ça, il est embarqué dans l'aventure, il reste curieux de ce qu'on finira par trouver...

3 novembre3 novembre

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4 NOVEMBRE
J'ai ordonné quelques plans, synchronisé, monté une séquence et commencé la deuxième, et je crois que j'ai trouvé une idée pour la fin. Tournage à la Villa devant mon studio, un peu sur la terrasse, c'est un final drôle et sérieux, une sorte de thérapie par la danse, je vais encore y penser un peu, ça me semble un peu frais mais je vois les images...

6 NOVEMBRE
Voilà, dimanche s'en est allé... Un beau moment de travail ce matin, je monte, je monte, je regarderai plus tard, je pars sur une lancée, je verrai bien... Philippe est passé boire un café, Fabien est arrivé, déjeuner et puis balade en ville, on commence à visiter les temples demain matin pour enregistrer des entretiens, c'est un peu une étape préparatoire à La Fabrique des films pour moi, essayer de décrire une méthode de travail, comment vient et comment se construit un film, quelles pistes il explore... C'est assez stimulant, on verra ce qu'il en ressort...

8 NOVEMBRE
Longue journée et toujours pas dormi à poings fermés la nuit dernière, du coup lever décalé. Notre discussion s'est étendue un peu dans l'après-midi et le montage aujourd'hui résistait à mes bonnes intentions... J'ai sabré une scène qui résistait ! Je vais persévérer et j'aurai bien le dernier mot...

12 NOVEMBRE
Samedi tout à coup très calme, Fabien vient de partir, mon assistant aussi après le déjeuner, nous avons regardé le premier montage du film, il reste un gros travail mais la structure, sa colonne vertébrale fonctionne et c'est déjà très bien... Il faut que je ramène cette version à 60 minutes au lieu de 70 et que je tourne une jolie scène finale à la Villa. Nous répétons lundi, mardi et tournons la semaine suivante...

14 NOVEMBRE
À nouveau plongé dans la douce inquiétude des «idées pour une scène à venir ».
Nous avons essayé une chose et une autre, un habit et un autre, un lieu et un autre, un mot et quelques autres, finalement pas un mot, c'est sans doute mieux...
Quelque chose se construit à nouveau au présent dans ce reliquat de film.

14 novembre14 novembre

14 novembre

14 novembre14 novembre

14 novembre14 novembre

15 NOVEMBRE
Une belle journée de répétitions, demain retranscriptions des dialogues avec Yusuke et rendez-vous avec le traducteur, jeudi courses à Ohara et déjeuner avec José, quel planning ! Plus sérieusement, je termine le tournage lundi prochain et après, je crois que je devrais faire un break avant de me remettre au montage. On va faire une projection à la Villa quand tu seras là, une soirée un peu festive pour remercier tout le monde... Voilà le rythme de Kyoto en ce début de saison froide, maintenant il fait 10 degrés le soir, c'est frais en scooter, j'ai du sortir les gants...

17 NOVEMBRE
Marché toute la journée ! Ce matin les filles en habits blanc, c'était top ! Et puis balade à Ohara avec José, je dois y retourner demain pour tourner quelques plans de coupe, la montagne est splendide ! Rouge et jaune, vert et gris, jolie palette...

17 novembre

17 novembre

21 NOVEMBRE
Dernier tour de manivelle… Ken était tout triste…

21 novembre21 novembre

21 novembre21 novembre

21 novembre

21 novembre21 novembre

21 novembre21 novembre

21 novembre21 novembre

21 novembre21 novembre

21 novembre

22 NOVEMBRE
J'ai l'impression d'avoir fait trois fois le tour du monde ou celui de la montre, une de ces fatigues ce matin au réveil !
En quelques mots à propos de la journée d'hier, tout ce que je voulais faire a été plutôt facile et puis une scène que je n'aimais pas et que j'avais gardé pour la fin, comme ça si on a pas le temps c'est pas grave, et bien, cette scène est devenue le clou de la journée. Les dieux ont éclairé la ville d'un soleil d'hiver magnifique et après la danse, les deux oiseaux se sont immobilisés de dos, c'était très beau, le vent s'est levé bref, une de ces machineries digne d’une grosse production !
Après j'ai synchronisé et regardé les rushes de la journée, 1 heure 30 et j'étais dans un état proche du coma...
Aujourd'hui je monte une scène parlée que je transcris avec Yusuke cet après-midi et hop ! je reprends le montage dans la foulée...
La première sera le 20 décembre à la Villa !

23 NOVEMBRE
J'ai retrouvé Yusuke pour aller chez un calligraphe mais il n'était pas là, j'y retourne demain, du coup on est allé au labo où je vais faire tirer les portraits d'Ohara pour les portes ouvertes. Très beaux tirages sur papier ultra brillant... Je dois porter les fichiers lundi.

24 NOVEMBRE
En fait j'ai démarré le montage hier après avoir dit que j'allais me coucher... Aujourd'hui, le montage résiste un peu, je cale sur une scène, j'ai travaillé, démonté, développé, changé la musique, peut-être que j'approche mais pour l'instant, ça reste chaotique, ça avance mais c'est pas ça...
Je vais aller prendre l'air et rapporter mes livres à l'institut.
Ah oui, je suis allé chez le calligraphe ce matin, voilà ce qu'il m'a fait pour le titre, c'est pas mal je trouve... Je vais aussi utiliser sa typo pour faire un flyer...

24 novembre

25 NOVEMBRE
J'ai démonté et remonté puis sous-titré encore quelques scènes avec Masako, il reste une partie qui ne fonctionne pas, la fin, je ne sais pas comment y arriver, c'est trop abrupt, enfin voilà c'est un film plutôt triste à la fin et l'épilogue est totalement décalé et loufoque. Le passage de l'un à l'autre reste difficile. Il faut que j'arrondisse les angles, il faut travailler à rendre ce passage un peu plus doux, moins abrupt bref... J'ai calé ce soir... Je reprendrai demain...

30 NOVEMBRE
Je suis allé chercher mes tirages pour les portes ouvertes. Magnifiques, vraiment, ce papier ultra brillant contient une couche de je ne sais quoi... C'est beau, on dirait que les images sont dorées à l'intérieur.
Sinon aujourd'hui premier visionnement du montage sur grand écran, j'ai identifié un plan flou, quelques fautes dans les sous-titres et pour le reste, les images passent à toute vitesse, parfois ça pourrait durer un peu... Je vais attendre les commentaires de Pascale que j'ai sollicitée pour avoir le regard d’une monteuse, je verrai comment s'annonce la suite...
Et puis quoi d'autre ? J'essaie de dessiner un flyer mais pour l'instant c'est nul, il faut que je passe un peu plus de temps à travailler là-dessus.

1ER DECEMBRE
Je viens de lire un long mail de Pascale à propos du montage que je lui ai soumis, ce qu'elle dit me bouleverse, à propos du retrait, de l'effacement, du passage entre deux états, bref... sa lecture est très sensible et du coup ses remarques d'autant plus importantes à mes yeux.
Il faut que je lui parle demain sur Skype pour éclairer encore quelques zones d'ombre et que je reprenne une partie du montage au plus vite...
Je suis très touché aussi que notre amitié s'affirme encore un peu plus dans un moment de distance... Une belle leçon de vie...
J'ai demandé à Bertrand de composer une bande sonore pour la fin du film, la séquence d'épilogue tournée à la Villa, je crois qu'il lui faut une couleur différente que je n'arrive pas à trouver seul, dans les images ou le montage, il faut un élément clair pour identifier ce lieu à la périphérie du monde, le revers ou la face b en quelques sortes... Il est vraiment aimable et très généreux, il répond toujours avec intérêt, je suis curieux de ce qu'il va proposer pour cette scène...

4 DECEMBRE

4 décembre

4 décembre

4 décembre

6 DECEMBRE
Journée de bricole, j'ai revu le film, terminé le générique avec Yusuke, le carton est parti à l'impression, je suis allé en ville, diner au sushi tournant, revenu en bravant le froid.

6 décembre

8 DECEMBRE
Je crois que j'ai un peu sous-estimé le travail de la bande son... J'ai passé la journée à écouter, monter et descendre le chant des criquets, le moteur des mobylettes, les pas sur le macadam, le vent dans les feuilles, j'entends plus la différence entre un corbeau et une crécelle, je suis fourbu… Je reprends demain dès l'aube, il faut que je sorte de ce fichu montage, je crois que j'en ai assez...

9 DECEMBRE
Aujourd'hui vendredi c'était la journée du postier. Je suis allé distribuer les flyers de mon film ici et là, un café avec Yusuke, un chocolat avec Ken, un livre à la bibliothèque de l'Institut, un verre au café du Goethe... bref ! J'étais très en forme parce que j'ai terminé le montage son, du moins ce qui est indispensable, Bertrand est rentré de Tokyo et travaille à un habillage sonore pour la scène finale et José, qui a de très bonnes relations, a obtenu 48 bouteilles de Veuve Clicquot pour la soirée du 21 !

13 DECEMBRE
Journée de petits moments disparates, j'ai fait des courses, relu tous les sous-titres et corrigé le générique des erreurs de Kanjis, écouté quelques essais de Bertrand pour la bande son et je suis sorti faire un tour, j'ai visité une colline avec des temples que je voyais tout le temps en passant sans m'y arrêter, j'ai médité un peu sur ce séjour qui touche à sa fin…